2008…Année de l’art et de l’érotisme !

Sade illustré ? Ou comment représenter ce qui ne peut l’être ...

Philippe Sollers, 1995 « il existe au moins un livre* dans la littérature universelle, auquel il est impossible de s’habituer : les Cent vingt journées de Sodome ou l’école du libertinage. Qu’il soit aujourd’hui disponible en «pléiade» ne change rien à sa rayonnante monstruosité ».

*dont le manuscrit original est exposé en suisse à la Fondation Martin Bodmer près de Genève à coté du plus ancien manuscrit connu « Du nouveau testament » et des livres les plus rares de l’histoire de la littérature mondiale.

Après l’exposition « l’enfer de la BNF », l’exposition au centre culturel Barbican de Londres, retraçant 2000 ans de représentation de la sexualité dans l’art , «Sade ou le théâtre des fous » interprété par Marie-Claude Pietragalla, « Le Bleu du Ciel » qui a réuni les œuvres de Sade, Bataille et Noël à la Maison de la poésie…

A deux pas de la chapelle de Matisse à Vence et de la Fondation Maeght, Marc Lavalle expose du 30 mai au 29 juin 2008, à la chapelle St Jean-Baptiste, dans le village de Saint Jeannet, une série de 120 œuvres inspirées des 120 journées de Sodome du Marquis de Sade et des gravures illustrant une correspondance du divin Marquis et de Madame de Sade .

« L’œuvre de Sade et surtout les 120 journées m’apparaissait, avant d’y pénétrer, comme une construction obscure et fascinante. La commande que j’avais acceptée impliquait que je m’y aventure, puisque je devais en rapporter 120 dessins, comme un carnet de voyage quotidien de 4 mois d’errance dans cet univers sensuel et terrifiant.
J’ai parcouru cette œuvre entrouvrant les pages comme des portes interdites, puis j’ai essayé d’oublier ce que j’ai vu en jetant des images sur le papier.

La réalisation de cet ensemble de dessins sur commande d’un collectionneur s’est échelonnée sur plusieurs années, expliquant les différents styles, format et techniques. Je n’ai jamais cherché à réaliser des illustrations renvoyant au texte, mais plutôt à rendre par le jeu des formes, des contraste et des couleurs le souvenir du climat de l’œuvre et l’éclairage dans le quel elle me semblait baigner. »

Aujourd’hui une partie de la collection est mise en vente et en parallèle, la galerie Quadrige à NICE, édite un livre d’art illustré, à tirage limité, dans sa collection « le musée de poche » se composant d’une lettre de madame de Sade, de la réponse de son époux, et de gravures originales.

 


Pour Marc Lavalle la difficulté fut d’isoler un fragment de texte dans l’œuvre du Marquis.

« Cela m’a conduit à lire toute la correspondance de Sade. Sa réponse écrite à sa femme depuis la prison de Vincennes en 1783 m’a semblé résumer tout l’esprit, l’humour et le style de Sade. Il répond point par point aux demandes de sa femme en développant chaque point en volutes baroques. Chaque détail est commenté avec une jubilation scandée par les petits noms qu’il donne à sa femme.
La lettre est composée comme une pièce de musique en 3 mouvements. Au centre, un petit conte puis le rythme reprend et culmine avec un baiser.
Pour les 4 illustrations qui accompagnent la lettre, j’ai choisi une architecture monumentale qui représente le marquis dans son donjon et une femme nue en réserve pour la marquise abandonnée. Le thème du linge qui ouvre la lettre m’a conduit à utiliser une trame textile comme médium pour réaliser ces impressions.»

 


 
La correspondance de Sade,
une lettre de Mme la Marquise à son époux,
Novembre 1783.


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